Whatnot, comment ça marche pour un vendeur
Guide à jour au 12 août 2026. Les seuils fiscaux, taux et frais Whatnot cités sont des données évolutives : vérifiez-les à la date où vous lisez ces lignes, ou faites-les valider avant toute décision.
Whatnot est une plateforme de live shopping : vous vendez en direct, face caméra, principalement aux enchères. Fondée en 2019 en Californie, valorisée autour de 20 milliards de dollars en 2026, elle est devenue le leader du commerce en direct. En France, la croissance est spectaculaire : le nombre de vendeurs a bondi de près de 888 % en 2025, et le vendeur français moyen dépasse 20 000 € de ventes par an.
Le principe est simple. Vous lancez un live, présentez vos produits, et les acheteurs enchérissent en temps réel via le chat. Whatnot génère l'étiquette d'expédition prépayée, l'acheteur paie le port au moment de l'achat, et vos gains deviennent disponibles après la livraison. Les catégories reines sont les cartes à collectionner (Pokémon, cartes de sport), les objets de collection, les sneakers, et la mode de seconde main, très dynamique en France.
Cette mécanique de vente ne change rien à vos obligations fiscales. Vendre en direct sur une plateforme américaine, c'est vendre : les mêmes règles de TVA et d'imposition des revenus s'appliquent que sur n'importe quel canal. La difficulté vient d'ailleurs, du rôle exact que joue Whatnot dans la chaîne de TVA.
Qui paie la TVA sur Whatnot ? (ce n'est pas la plateforme)
Sur Whatnot, c'est le vendeur qui collecte et reverse la TVA, pas la plateforme. C'est une différence majeure avec une marketplace comme Amazon, et la source de la plupart des erreurs. Beaucoup de vendeurs pensent que, comme sur Amazon ou eBay dans certains cas, la plateforme gère la TVA pour eux. Sur Whatnot, c'est faux pour l'essentiel des flux. La plateforme le dit elle-même dans ses conditions : les vendeurs immatriculés à la TVA sont responsables de collecter et reverser la taxe, et Whatnot décline toute responsabilité si un vendeur ne s'immatricule pas alors qu'il aurait dû. Les prix affichés sont TTC.
Concrètement, dès que vous êtes assujetti, vous appliquez la TVA française sur vos ventes, vous la déclarez et vous la reversez au fisc. La plateforme ne fait que transmettre l'argent. Pour bien comprendre qui collecte la TVA sur Whatnot selon le type de flux, il faut distinguer les situations.
| Flux de vente | Qui est redevable de la TVA |
|---|---|
| Vente en France (vendeur FR vers acheteur FR) | Le vendeur |
| Vente à distance vers un particulier d'un autre pays UE | Le vendeur (via l'OSS au-delà de 10 000 €/an) |
| Import vers l'UE, colis de moins de 150 € | Whatnot (collecte au moment du paiement) |
| Import vers l'UE, colis de plus de 150 € | L'acheteur (TVA + douane à l'arrivée) |
| Flux croisés Royaume-Uni et UE sous les seuils | Whatnot (le vendeur n'émet pas de facture) |
Le seul cas où Whatnot collecte : les petits colis importés
Whatnot n'agit comme redevable substitué que pour les biens importés de faible valeur. Lorsqu'un colis vient de l'extérieur de l'UE et vaut moins de 150 € hors frais de port, Whatnot collecte la TVA à l'importation directement au moment du paiement (mécanisme comparable à l'IOSS). Même logique pour le Royaume-Uni sous 135 £, et pour les flux croisés Royaume-Uni vers UE et UE vers Royaume-Uni sous ces seuils. Dans ce dernier cas, c'est Whatnot qui facture, pas vous.
Au-delà de 150 €, la règle change : c'est l'acheteur qui règle la TVA d'importation et les droits de douane à la livraison.
la franchise douanière de 150 € pour les petits colis importés pourrait être supprimée dans le cadre de la réforme douanière de l'Union européenne. L'échéance n'est pas encore stabilisée. Si vous importez pour revendre, ne construisez pas votre modèle sur ce seuil sans avoir fait valider sa validité à la date de votre projet.
DAC7 : Whatnot déclare vos revenus au fisc
La DAC7 est une obligation de transparence, pas un impôt. C'est une confusion que je tiens à désamorcer tout de suite. Depuis 2023, les plateformes numériques doivent transmettre chaque année aux administrations fiscales l'identité et les revenus de leurs vendeurs. Pour Whatnot, les vendeurs européens contractent avec Whatnot Europe Limited, une entité irlandaise : les données remontent donc à l'administration irlandaise, qui les redistribue à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) pour un résident français.
Vous êtes concerné par la transmission dès que vous dépassez 30 ventes ou 2 000 € de revenus dans l'année (en dessous de ces deux seuils cumulés, vous êtes exclu du reporting). Franchir ce seuil ne crée aucun impôt en soi, mais vous apparaissez désormais dans le radar du fisc. Le vrai risque, c'est l'écart : si Whatnot déclare des revenus que vous n'avez pas mentionnés dans votre déclaration, vous vous exposez à un contrôle. Notez aussi que si vous refusez de communiquer votre numéro d'identification fiscale à Whatnot, la plateforme doit fermer votre compte ou bloquer vos paiements.
Quel statut et quelle immatriculation à la TVA ?
Pour vendre de façon professionnelle sur Whatnot, le statut le plus simple est la micro-entreprise. Vous vous immatriculez, vous obtenez un numéro SIRET, puis un numéro de TVA. L'immatriculation se fait auprès du Service des impôts des entreprises (SIE), en principe dans les 15 jours du début d'activité. Tant que vous restez sous les seuils de franchise, vous ne facturez pas la TVA. Au-delà, vous la collectez et la déclarez via le formulaire CA3, mensuellement (ou trimestriellement si votre TVA due reste sous 4 000 € par an).
Franchise en base de TVA (85 000 €) contre plafond micro-BIC : ne confondez pas
La franchise de TVA saute bien avant le plafond de la micro-entreprise, et c'est là que beaucoup se trompent. Ce sont deux seuils totalement distincts :
- Franchise en base de TVA (vente de biens) : jusqu'à 85 000 € de chiffre d'affaires (93 500 € en seuil majoré). En dessous, pas de TVA à facturer. Au-dessus, vous devenez redevable de la TVA.
- Plafond du régime micro-BIC (vente de marchandises) : de l'ordre de 203 100 € pour la période 2026-2028. C'est la limite pour rester en micro-entreprise.
Autrement dit, un vendeur qui cartonne peut parfaitement devoir facturer la TVA (au-delà de 85 000 €) tout en restant en micro-entreprise. Vous trouverez le détail des taux et obligations sur notre fiche TVA en France.
je vois régulièrement des vendeurs croire que « tant qu'on est sous 200 000 € on ne touche pas à la TVA ». C'est une erreur qui se paie en rappel de TVA sur plusieurs mois. Le seuil qui compte pour la TVA, c'est 85 000 €, pas le plafond micro.
Autoliquider la TVA sur les commissions Whatnot
Si vous donnez votre numéro de TVA à Whatnot, vous devez autoliquider la taxe sur ses commissions. Whatnot facture ses frais (de l'ordre de 6,67 % de commission, plus des frais de traitement) en les libellant « hors TVA » dès que vous renseignez un numéro de TVA valide. Comme Whatnot Europe Limited est établie en Irlande, il s'agit d'une prestation de services intracommunautaire : c'est à vous, preneur, de déclarer la TVA en autoliquidation sur votre CA3 (TVA due et TVA déductible sur la même déclaration). Pour un assujetti avec droit à déduction, l'opération est neutre en trésorerie.
attention au piège de la franchise en base. Un vendeur en franchise doit lui aussi autoliquider la TVA sur les commissions Whatnot, mais sans pouvoir la déduire. La TVA sur les commissions devient alors un coût réel. C'est un élément à intégrer dans l'arbitrage entre franchise et régime réel quand votre volume grimpe. Whatnot met à disposition des factures de commission mensuelles (vers le 10 du mois) pour matérialiser cette opération.
Quels relevés Whatnot utiliser pour votre comptabilité ?
Vos documents de référence sont les relevés vendeur mensuels et annuels, pas le montant net viré sur votre compte. Whatnot met plusieurs pièces à votre disposition dans le Seller Hub, et savoir laquelle sert à quoi vous évite les erreurs de base d'imposition :
- Seller Statements (relevés mensuels et annuel) : la source de vérité. Ils détaillent vos ventes brutes, les commissions, les frais de traitement, la TVA sur les frais, les remboursements et le solde. C'est la base de votre chiffre d'affaires fiscal.
- Factures de TVA émises par Whatnot (vers le 10 du mois) : elles matérialisent la TVA sur les commissions à autoliquider.
- Export de l'historique des commandes (CSV) : utile pour préparer votre déclaration de TVA et ventiler par pays de destination.
votre chiffre d'affaires imposable, c'est le prix payé par l'acheteur, avant commissions, pas la somme nette virée par Whatnot. Les commissions sont une charge déductible au régime réel, mais pas en micro-entreprise, où seul l'abattement forfaitaire s'applique. Raisonner en « net Whatnot » fausse tous vos calculs. Pensez aussi à télécharger et archiver vos relevés : Whatnot ne les conserve que deux ans, alors que la durée légale de conservation est plus longue.
Le régime de la marge : la TVA des vendeurs d'occasion
Pour la revente de biens d'occasion achetés à des particuliers, la TVA se calcule sur votre marge, pas sur le prix de vente total. C'est le régime naturel de la majorité des vendeurs Whatnot : cartes, vintage, vêtements de seconde main achetés à des personnes qui ne facturent pas de TVA. Le régime de la marge (base légale : BOI-TVA-SECT-90) évite de taxer deux fois le même bien. Vous ne payez la TVA que sur la différence entre le prix de revente et le prix d'achat.
Ce régime impose des obligations formelles précises, souvent négligées :
- La facture doit porter la mention « Régime particulier - Biens d'occasion ».
- La TVA ne doit pas apparaître sur la facture.
- Vous devez tenir une comptabilité analytique distincte et conserver le justificatif du prix d'achat de chaque bien.
- Le régime ne fonctionne pas pour un bien acheté avec de la TVA déductible.
gardez systématiquement une trace du prix d'achat de vos lots, même quand vous rachetez à des particuliers en direct. Sans justificatif d'acquisition, l'administration peut taxer sur le prix de vente total, et non sur la marge. Whatnot a annoncé un outil de facturation dédié au régime de la marge, mais tant qu'il n'est pas déployé, la rigueur documentaire est votre meilleure protection.
Vendre dans plusieurs pays de l'UE : seuil de 10 000 € et OSS
Dès que vos ventes à des particuliers d'autres pays de l'UE dépassent 10 000 € par an, vous devez appliquer la TVA du pays de l'acheteur. Ce seuil unique européen s'apprécie tous canaux confondus, pas seulement sur Whatnot. En dessous, vous facturez la TVA française. Au-dessus, la TVA due est celle du pays de consommation. Pour éviter de vous immatriculer dans chaque pays, vous déclarez tout via le guichet unique OSS (One-Stop-Shop), une seule déclaration en France couvrant toute l'UE.
Whatnot ne s'inscrit pas à l'OSS pour vous : c'est une démarche à votre charge. La vente dans plusieurs pays de l'UE via Whatnot mérite d'être anticipée dès que vos lives touchent une audience européenne, car le seuil de 10 000 € se franchit vite avec un catalogue de collection recherché.
la franchise en base française de 85 000 € ne vous protège pas pour la TVA due dans un autre pays de l'UE. Vous pouvez être en franchise en France et devoir malgré tout de la TVA étrangère via l'OSS. Les deux régimes se raisonnent séparément.
Vendre depuis l'étranger : vendeur non établi et représentant fiscal
Si vous vendez sur Whatnot sans être établi en France mais que vous y réalisez des opérations taxables, vous devez vous immatriculer, et souvent désigner un représentant fiscal. C'est le cas d'une société étrangère qui détient du stock en France ou qui dépasse les seuils applicables. La règle dépend de votre pays d'établissement :
- Vendeur établi hors de l'Union européenne : la désignation d'un représentant fiscal en France est en principe obligatoire pour s'immatriculer à la TVA. Le représentant engage sa responsabilité devant l'administration et gère vos déclarations.
- Vendeur établi dans un autre pays de l'UE : pas de représentant fiscal obligatoire, mais un mandataire peut prendre en charge vos obligations déclaratives.
Whatnot n'aborde nulle part cette obligation. C'est pourtant un point de conformité lourd, et c'est précisément le métier d'Eurofiscalis. Le cas d'un vendeur non-établi sur Whatnot mérite un examen dédié, notamment quand du stock est positionné dans l'UE.
le traitement d'un vendeur non-UE qui détient du stock à l'intérieur de l'UE (et l'articulation avec le rôle éventuel de la plateforme) n'est pas documenté par Whatnot et appelle une analyse juridique au cas par cas. Ne présumez pas que la plateforme prend en charge votre TVA dans ce scénario : faites trancher la question avant d'expédier votre stock.
la réforme européenne « TVA à l'ère du numérique » (ViDA) élargira le rôle des plateformes comme redevables substitués, mais ce volet vise pour l'instant la location de logement de courte durée et le transport de passagers, pas la vente de biens. À ce jour, il ne faut donc pas s'attendre à ce que ViDA fasse de Whatnot le redevable de la TVA sur vos ventes de produits.
Et si vous vendez à titre occasionnel ?
Un particulier qui revend ses biens personnels ne relève pas des mêmes règles qu'un vendeur professionnel. Si vous videz votre collection ou votre dressing sans acheter pour revendre, vous restez dans le régime des plus-values des particuliers. La vente de biens meubles est exonérée d'impôt lorsque le prix de cession ne dépasse pas 5 000 € par vente (hors métaux précieux). Pour les objets d'art et de collection, une taxe forfaitaire de 6,5 % du prix de vente s'applique de plein droit.
La bascule vers le statut professionnel se joue sur un point : l'achat pour revendre, de façon habituelle. Dès que vous constituez des lots pour les écouler en live, vous exercez une activité commerciale, imposable au premier euro et soumise aux cotisations sociales, sans seuil plancher.
le glissement du « je vide mon placard » vers le négoce régulier se fait souvent sans que le vendeur s'en rende compte. Le jour où vous achetez pour revendre, créez une structure en amont plutôt que de régulariser trois ans en arrière après un contrôle.
Besoin d'accompagnement pour vendre sur Whatnot ?
Whatnot vous laisse seul face à vos obligations de TVA : immatriculation, choix du régime, déclarations, régime de la marge, OSS pour vos ventes européennes, et représentation fiscale si vous n'êtes pas établi en France. Eurofiscalis prend en charge l'ensemble de ces sujets pour les vendeurs e-commerce, en France et dans toute l'Union européenne.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses ventes sur Whatnot ?
Oui, dès que votre activité devient habituelle et lucrative (achat pour revendre), vos revenus sont imposables au premier euro. Un particulier qui revend ses biens personnels reste, lui, dans le régime des plus-values des particuliers, souvent exonéré. La distinction entre vendeur occasionnel et professionnel est déterminante pour votre fiscalité.
Whatnot prélève-t-il la TVA à ma place ?
Non, sauf exception. Sur vos ventes en France et dans l'UE, c'est vous qui collectez et reversez la TVA. Whatnot ne la collecte qu'au moment du paiement pour les colis importés de moins de 150 €. C'est la grande différence avec une marketplace comme Amazon.
À partir de quel montant mes ventes sont-elles signalées au fisc ?
Les seuils DAC7 des ventes en ligne déclenchent la transmission de vos données à l'administration dès que vous dépassez 30 ventes ou 2 000 € par an. Attention : ce signalement n'est pas un impôt, c'est de la transparence. L'impôt dépend, lui, de votre statut réel.
Quel statut choisir pour vendre sur Whatnot ?
Pour démarrer une activité professionnelle, la micro-entreprise est la plus simple : immatriculation rapide, comptabilité allégée. Vous restez sous la franchise de TVA jusqu'à 85 000 € de ventes de biens, puis devenez redevable de la TVA tout en pouvant rester en micro.
Est-ce rentable de vendre sur Whatnot ?
Cela dépend de vos coûts réels. Comptez la commission de la plateforme (environ 6,67 % plus des frais de traitement), la TVA éventuelle, et les cotisations sociales si vous êtes professionnel. La rentabilité se calcule sur la marge nette, pas sur le montant brut viré par Whatnot.
Faut-il déclarer la vente de cartes Pokémon ou d'objets de collection ?
Un particulier qui revend sa propre collection relève des plus-values des particuliers (taxe forfaitaire de 6,5 % pour les objets de collection, ou exonération sous 5 000 € par vente). Un revendeur professionnel applique le régime de la marge sur les ventes d'occasion.
Pays concernés