Créer votre société e-commerce : le parcours complet en 6 étapes
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Créer votre société e-commerce : le parcours complet en 6 étapes

12 min de lecture

Créer votre société quand vous vendez en ligne suit six étapes ordonnées : rédiger les statuts, déposer le capital, publier une annonce légale, déposer le dossier sur le guichet unique de l'INPI, recevoir le SIREN puis le Kbis, débloquer le capital. En autonomie, comptez 190 à 240 € de frais obligatoires et 1 à 3 semaines entre le dépôt et le Kbis. C'est ce parcours qui vous permet ensuite d'ouvrir votre compte vendeur professionnel sur Amazon, eBay ou Cdiscount, et de facturer depuis votre boutique Shopify, WooCommerce ou PrestaShop. Chaque étape produit une pièce qui alimente la suivante : préparez-les dans l'ordre et le dossier passe sans accroc, sautez-en une et le greffe vous met en attente. Pour les vendeurs Amazon qui veulent sécuriser leur passage en société sans se perdre dans les subtilités KYC et fiscales, notre équipe d'expert-comptable spécialisé Amazon accompagne la démarche du choix de statut au premier bilan.

Je suis Jim, spécialiste e-commerce chez Eurofiscalis. J'accompagne les vendeurs Amazon, Shopify et marketplaces au quotidien sur leurs sujets fiscaux, administratifs et de structuration.

Créer votre société e-commerce : le parcours complet en 6 étapes

Ce que ça coûte, ce que ça prend de temps en 2026

Créer votre société en autonomie coûte 190 à 240 € de frais obligatoires en 2026 selon la forme choisie, et prend 1 à 3 semaines entre le dépôt du dossier complet et la réception du Kbis. Ces montants s'appuient sur le barème publié par l'arrêté du 19 novembre 2025 sur les annonces légales et sur les tarifs du greffe.

PosteMontant 2026DélaiRemarque
Rédaction des statuts en autonomie0 €quelques heuresmodèles à adapter
Rédaction par avocat ou expert-comptable1 500 à 2 500 €quelques joursrecommandé si associés ou clauses
Dépôt de capital0 € (souvent gratuit)24 à 72 h (néobanque), 1 à 2 semaines (banque)attestation de dépôt
Annonce légale de constitution124 € EURL, 150 € SARL, 199 € SASU/SAS (métropole)immédiatplus cher en Outre-mer
Immatriculation au greffe (RCS)~33,83 € HTinclus dans le traitement INPIactivité commerciale
Déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE)~19,33 €inclusobligatoire
Extrait Kbisdélivré3 à 7 jours ouvrésaprès dossier complet
Numéro de TVA intracommunautairegratuit5 à 10 jours (parfois 3 semaines)attribué automatiquement par le SIE

Avec une néobanque pour le capital et un dossier bien préparé, certains créateurs bouclent le parcours complet en moins d'une semaine. Les retards viennent presque toujours d'une pièce manquante ou d'une déclaration de bénéficiaires effectifs incorrecte.

Les 6 étapes pour créer votre société

Le parcours est linéaire. Chaque étape produit une pièce qui sert de justificatif à la suivante.

1. Rédiger les statuts (avec l'objet social e-commerce qui va bien)

Les statuts fixent la dénomination, l'objet social, le siège, le capital et la gérance ou présidence. Pour un vendeur en ligne, l'objet social est le point le plus sensible : formulez-le assez large pour couvrir vos futures gammes et mentionnez explicitement le commerce électronique.

Formulation type qui passe partout :

« La vente au détail à distance, le commerce électronique, la vente de tous produits par internet et sur les marketplaces (Amazon, eBay, Cdiscount, Etsy et autres), l'import-export de marchandises, ainsi que toutes activités connexes ou complémentaires. »

Un objet trop restreint (« vente de bougies parfumées ») vous coincera dès que vous voudrez ajouter une gamme ou vendre sur une nouvelle plateforme. Un objet large vous protège pour les cinq prochaines années.

Vérifiez la disponibilité du nom sur le site de l'INPI et sur la base des marques avant de figer les statuts. En SASU et SAS, les statuts sont plus souples qu'en EURL mais aussi plus sensibles : faites-vous relire si vous avez des associés ou des clauses d'agrément. Le siège influe sur votre CFE et sur le greffe de rattachement : arbitrez entre chez vous, société de domiciliation ou local avant la rédaction.

2. Déposer le capital social (néobanque ou banque, quel choix ?)

Le dépôt de capital passe par un compte « société en formation », un compte temporaire qui ne sert qu'à recevoir votre apport et à le séquestrer jusqu'au Kbis. Deux familles de solutions, avec des délais très différents.

Banque traditionnelle : rendez-vous, dossier papier, attestation obtenue en plusieurs jours à 1-2 semaines. Pertinent si vous comptez de toute façon ouvrir vos comptes courants et vos lignes de crédit chez elle.

Néobanque ou fintech (Qonto, Shine, Finom) : dépôt 100 % en ligne, attestation souvent délivrée en 24 à 72 heures. C'est le chemin le plus rapide pour un primo-créant qui veut démarrer vite.

Le capital minimum légal est de 1 € en EURL, SASU et SAS. Mais 1 € est un mauvais signal : c'est votre première trésorerie, et c'est ce que regarde une banque, un fournisseur, un partenaire marketplace. Pour un e-commerçant qui doit financer du stock, un capital de 1 000 à 5 000 € est un plancher crédible. La question de combien mettre en capital social mérite d'être tranchée avant l'immatriculation, pas après.

3. Publier l'annonce légale de constitution

L'annonce légale se publie dans un support habilité du département du siège. Vous recevez immédiatement une attestation de parution, qui alimentera votre dossier INPI.

Le coût dépend surtout de la forme juridique. Barème 2026 en métropole : 124 € pour une EURL, 150 € pour une SARL, 199 € pour une SASU ou une SAS. Ces tarifs viennent de l'arrêté du 19 novembre 2025. En Outre-mer, comptez 10 à 15 % de plus.

Passez par un journal départemental ou par un service de presse en ligne (SPEL) habilité. Le SPEL est plus rapide (attestation dans l'heure) et souvent moins cher.

4. Déposer le dossier sur le guichet unique INPI

Depuis le 1er janvier 2023, tout passe par le guichet unique électronique de l'INPI. Les anciens CFE (URSSAF, CCI, chambres de métiers, greffes) ont été remplacés par cette plateforme unique : formalites.entreprises.gouv.fr.

Vous créez un compte, vous remplissez un formulaire en ligne (identité du déclarant, activité, adresse du siège, dirigeant), puis vous téléversez les pièces justificatives :

  • statuts signés
  • attestation de dépôt de capital
  • justificatif de siège (bail, attestation de domiciliation, quittance)
  • attestation de parution de l'annonce légale
  • pièce d'identité du dirigeant
  • déclaration de non-condamnation

Le guichet répartit ensuite votre dossier vers l'INSEE (pour le SIREN et le SIRET), le greffe du tribunal de commerce (immatriculation RCS et Kbis), le service des impôts des entreprises et l'URSSAF.

Deux choix structurants se jouent ici. La déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE) : vous déclarez la ou les personnes physiques qui détiennent plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exercent un contrôle sur la société. Pour une SASU ou une EURL à associé unique, c'est vous. Sans déclaration valide, pas d'immatriculation. Le régime fiscal IR ou IS : par défaut, la SASU et la SAS sont à l'IS, l'EURL à associé unique personne physique est à l'IR. Chacune peut opter pour l'autre régime, avec des conséquences lourdes sur votre fiscalité et celle de vos dividendes. Ne cochez pas cette case au hasard.

5. Recevoir votre SIREN, SIRET et Kbis

L'INSEE attribue le SIREN et le SIRET, le greffe émet l'extrait Kbis qui prouve officiellement l'existence de votre société. SIREN sur 9 chiffres pour l'entreprise, SIRET sur 14 pour chaque établissement.

Délai après dossier complet : 3 à 7 jours ouvrés pour le Kbis, jusqu'à 2 semaines en période d'affluence (janvier, septembre).

Le Kbis est la carte d'identité de votre société. On vous le réclamera partout : Amazon Seller Central pour le KYC, Stripe, PayPal, votre expert-comptable, votre transporteur, la douane pour votre EORI. Un Kbis de plus de 3 mois est souvent refusé par les grands acteurs : téléchargez une copie récente à chaque demande.

6. Débloquer le capital et lancer votre activité

Présentez le Kbis à votre banque ou néobanque, les fonds bloqués sont libérés sur le compte courant de la société. À partir de là, vous pouvez facturer, encaisser, dépenser, embaucher.

C'est le moment de basculer votre compte de dépôt en compte courant définitif, de souscrire vos assurances (RC pro, protection juridique), de mettre en place votre outil comptable, et de séparer immédiatement vos flux pro et perso pour ne pas vous créer une dette comptable dès le premier mois.

Choisir la bonne forme juridique pour vendre en ligne

Trois formes couvrent 95 % des créations e-commerce : EURL, SASU et SAS. L'arbitrage se joue sur trois axes : votre rémunération cible, votre régime social, votre projet à trois ans.

EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : associé unique, gérance TNS, IR par défaut avec option IS. Cotisations sociales plus légères, protection sociale plus limitée. Adaptée si vous vous versez un revenu modéré et voulez optimiser vos charges.

SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) : associé unique, présidence assimilée-salariée, IS par défaut. Cotisations sociales plus lourdes (~65 % du salaire net), meilleure protection (retraite, assurance maladie). Adaptée si vous voulez sortir des dividendes ou céder facilement plus tard.

SAS (Société par Actions Simplifiée) : plusieurs associés, statuts très souples. Idéale pour associer un cofondateur, un investisseur ou un opérateur logistique. Contrepartie : plus de rigueur dans la rédaction et la gouvernance. Si vous partez à plusieurs, la question de s'associer et de répartir les parts avec un pacte d'associés se tranche avant la signature des statuts, jamais après.

L'arbitrage complet (IR/IS, régime social, dividendes, cession) est traité dans notre guide pour choisir la forme juridique adaptée à votre e-commerce (EURL, SASU, SAS). Point à trancher avant le remplissage du formulaire INPI, jamais pendant. Si vous préférez déléguer cette décision, nos experts-comptables e-commerce documentent l'arbitrage en fonction de votre projet à 3 ans, de votre trajectoire de rémunération et de votre exposition marketplace.

Après le Kbis : TVA intracommunautaire, EORI, compte vendeur

Kbis en poche, trois démarches à enclencher tout de suite pour lancer votre activité e-commerce.

Votre numéro de TVA intracommunautaire. Si votre société est assujettie à la TVA au régime réel, le service des impôts des entreprises (SIE) l'attribue automatiquement dans les 5 à 10 jours suivant l'immatriculation, parfois jusqu'à 3 semaines en période chargée. C'est gratuit. Le numéro (format FR + clé + SIREN) sert à acheter hors taxe à vos fournisseurs européens et à vos déclarations. Vérifiez-le sur l'annuaire des entreprises ou via le VIES européen.

Le numéro EORI. Obligatoire pour dédouaner des marchandises importées hors UE (Chine, Royaume-Uni, États-Unis, Turquie). Quasi systématique pour un vendeur Amazon FBA ou une boutique Shopify qui sourcing en Chine. Il s'obtient auprès de la douane française via SOPRANO, il n'est pas attribué automatiquement avec le Kbis : demande séparée, 24 à 72 heures.

Votre compte vendeur au nom de la société. Amazon Seller Central, eBay, Cdiscount, Etsy, ManoMano : tous vous demanderont le Kbis (moins de 3 mois), l'identité du bénéficiaire effectif, et souvent l'EORI.

Les erreurs classiques (et comment les éviter)

Cinq erreurs reviennent systématiquement dans les dossiers e-commerçants.

  • Objet social trop restreint. Ajouter une gamme dans 18 mois vous coûtera une modification statutaire à 200 €. Un objet large vous protège.
  • Compte vendeur Amazon ouvert avant le Kbis. Cause n°1 de blocage KYC en 2026 chez les vendeurs qui débutent (voir vigilance ci-dessus).
  • Capital à 1 €. Techniquement légal, commercialement disqualifiant. Ni ligne de trésorerie bancaire, ni délai fournisseur, et Amazon regarde aussi.
  • Bénéficiaires effectifs mal déclarés. Un pourcentage de détention faux (100 % au lieu de 50/50 pour un couple), le greffe renvoie le dossier. Vous perdez 3 à 5 jours.
  • Régime fiscal coché au hasard. L'IS n'est pas toujours le bon choix pour une SASU débutante, et l'IR par défaut d'une EURL peut coûter cher si vous encaissez sans vous verser de rémunération.

Créer votre société e-commerce avec Eurofiscalis

Notre cabinet accompagne des dizaines de vendeurs Amazon, Shopify et marketplaces chaque année dans leur passage en société. Ce qu'on fait pour vous :

  • Rédaction des statuts adaptée e-commerce : objet social qui protège vos futures gammes, clauses d'agrément si vous partez à plusieurs, arbitrage IR/IS documenté.
  • Dépôt guichet unique INPI clé en main : préparation du dossier, déclaration RBE, pièces justificatives, suivi jusqu'au Kbis.
  • Kit démarrage e-commerce : demande EORI, ouverture du compte vendeur Amazon, eBay ou Cdiscount au nom de la société, paramétrage TVA intracommunautaire, mise en place de l'outil comptable.

Prenez rendez-vous avec notre équipe →

Sources


Questions fréquentes

Puis-je facturer ou acheter avant d'avoir le Kbis ?

Non. Sans immatriculation, pas de SIREN, pas d'existence légale. Vous pouvez signer des actes « pour le compte de la société en formation » (bail, contrat fournisseur) qui seront repris après l'immatriculation. Mais impossible de facturer, d'encaisser ou d'ouvrir votre compte vendeur pro. Une fois le Kbis reçu, notre checklist des premiers jours après le Kbis déroule les activations à enchaîner.

Faut-il un expert-comptable ou un avocat pour créer la société ?

Pas obligatoirement. Pour une SASU ou une EURL à associé unique, apport en numéraire, activité claire : vous pouvez rédiger les statuts vous-même et déposer sur le guichet unique en autonomie. L'accompagnement devient utile dès qu'il y a plusieurs associés, des clauses d'agrément, un apport en nature, ou si vous voulez sécuriser l'arbitrage IR/IS. Comptez 0 à 300 € pour une plateforme en ligne, 1 500 à 2 500 € pour une rédaction sur mesure.

Quelle différence entre SIREN, SIRET et Kbis ?

Le SIREN identifie l'entreprise, le SIRET l'établissement, le Kbis prouve l'immatriculation. SIREN sur 9 chiffres, SIRET sur 14 (SIREN + 5). Le Kbis est le document délivré par le greffe qui reprend toutes les infos de la société : nom, siège, dirigeant, capital, activité. C'est ce document qu'on vous réclamera partout, Amazon compris.

Mon numéro de TVA intracommunautaire arrive-t-il automatiquement ?

Oui, si votre société est assujettie à la TVA au régime réel. Le SIE l'attribue dans les 5 à 10 jours suivant l'immatriculation, parfois jusqu'à 3 semaines en période d'affluence, gratuitement. En franchise de TVA, vous pouvez le demander en ligne sur impots.gouv.fr quand vous en avez besoin.

Et l'EORI, c'est pareil ?

Non. Le numéro EORI n'est pas attribué automatiquement : il faut le demander à la douane française via SOPRANO après l'immatriculation. Obligatoire pour dédouaner des marchandises importées hors UE, donc indispensable si vous sourcez en Chine, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Comptez 24 à 72 heures.

Combien de temps entre le dépôt du dossier et le Kbis ?

3 à 7 jours ouvrés en délai standard, jusqu'à 2 semaines en période chargée (janvier, septembre). Avec un dossier propre et une néobanque pour le capital, certains créateurs bouclent tout le parcours en moins d'une semaine. Les retards viennent presque toujours d'une pièce manquante ou d'une déclaration de bénéficiaires effectifs incorrecte.

Peut-on créer sa société en restant salarié ?

Oui, dans la majorité des cas. Respectez votre clause de non-concurrence (si elle existe), votre obligation de loyauté et une éventuelle clause d'exclusivité. Ne travaillez pas sur votre projet pendant vos heures salariées. Les conditions détaillées et les démarches pour me lancer en restant salarié valent le détour avant de signer vos statuts.

Existe-t-il des aides pour financer la création ?

Oui. ACRE, ARCE, NACRE, prêts d'honneur des réseaux Bpifrance Création et Initiative France. Les aides et financements au démarrage (ACRE, ARCE, prêts d'honneur) sont cumulables sous conditions. Anticipez : plusieurs se demandent avant l'immatriculation ou dans les 45 jours qui suivent.


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À propos de l'auteur

Jimmy Sagnier

Business Développeur

Business Développeur chez Eurofiscalis, Jimmy Sagnier accompagne e-commerçants et entreprises à l'international dans la compréhension des règles de TVA européenne. Fort de son expérience terrain, il vulgarise avec pédagogie des sujets fiscaux complexes — représentation fiscale, Intrastat, OSS — pour aider les entreprises à rester conformes et sereines dans leur développement à l'étranger.